Photographier la neige


L’hiver, cela rime avec froid et neige, selon votre lieu de villégiature. Soit, pas nécessairement avec une température et une météo engageante pour mettre le nez dehors, cependant c’est une superbe opportunité de s’attarder sur le sujet bouillant du moment la neige et, pourquoi pas, également un peu de glace.


Sommaire


Quelques sujets glacés

Les arbres

Sous les climats tempérés, les feuillus ont perdu leur parure de la belle saison. Cela renforce la lisibilité de leur architecture, de leur silhouette. Une bonne occasion de produire des images contrastées, entre la neige blanche et les troncs foncés. Pour accentuer ce phénomène, un léger contre-jour permet d’obtenir des silhouettes foncées, alors que l’on expose l’image de manière à préserver tous les détails dans les hautes lumières, conservant ainsi la texture de la neige et du relief.

Cette combinaison entre paysage enneigé et arbres isolés permet de construire des images épurées, zen. Ici, la composition offre une symétrie qui renforce l’image (voir l’article sur les règles de composition).

Cela marche aussi avec davantage d’arbres et d’autres éléments, comme ici des piquets de pâturage, qui facilitent la compréhension du relief.

De manière générale, les forts contrastes entre la neige et des sujets en contre-jour fonctionnent bien pour autant qu’il donne des silhouettes bien définies. Ici, l’absence de détail visible dans les rochers évite de s’y perdre, laissant ainsi découvrir progressivement les différents plans de l’image, jusqu’aux Alpes.

Le brouillard

Lorsque la couverture neigeuse s’accompagne de brouillard, ce n’est pas l’heure de ranger le matériel bien à l’abri dans le sac photo. Au contraire, c’est l’occasion de réaliser des photographies tout en douceur, au contraste diffus, voir des images irréelles, où l’observateur peine à comprendre ce qu’il voit.

En mode semi-automatique ou automatique, la tendance des appareils photo est à produire une exposition neutre. Ainsi, un sujet blanc comme la neige sur fond de brouillard aura tendance à être sous-exposé pour un résultat gris moyen. Il importe donc en principe de surexposer (en général +0.7 à +1 IL suffit) pour corriger cela. Cependant, en cas de fort contraste, le capteur du boîtier ne pourra pas suivre. Les détails seront perdus dans les blancs ou les noirs. Le cas échéant, il vaut mieux privilégier une légère sous-exposition pour conserver la texture de la neige (des blancs). Il est opportun de contrôler le résultat sur l’histogramme.

Le premier plan est explicite, avec les piquets du pâturage qui plongent progressivement dans le paysage. En revanche, le brouillard dense sur fond enneigé vient créer une interruption avec l’arrière-plan qui semble flotter dans les airs.

Le brouillard et la neige fonctionnent également bien en présence d’animaux. Ils illustrent ici les rudes conditions de vie de ces chamois qui cherchent leur nourriture sous la neige. Il est préférable d’intégrer plusieurs éléments dans l’image pour que l’observateur comprenne bien qu’il a affaire à du brouillard et pas à une image floue et sans piqué.

Ce qui justifie de conserver l’appareil prêt au déclenchement, plutôt que bien à l’abri dans un sac, c’est qu’une petite variation dans la densité du brouillard peut changer drastiquement le paysage. Ici, l’altitude de la nappe de brouillard c’est, pour un court instant, subtilement modifiée, laissant peu de temps pour immortaliser les rayons du soleil diffusés comme à travers un prisme géant. Une ambiance momentanément féérique. La couverture neigeuse évite de se perdre dans le bas de l’image.

Le givre et la glace

Accompagnant généralement la neige, le givre et la glace constituent des sujets tout aussi attrayants.

Ici, le givre s’est formé par basse température en présence de brouillard. Une fois ce dernier levé, le paysage est devenu singulier. La végétation haute, en particulier les arbres, est restée couverte de givre, tranchant avec le vert du pré et le brun des feuilles mortes. Des conditions à immortaliser rapidement, avant que les rayons du soleil ne fassent tout disparaître.

En présence de neige, le givre renforce l’impression de froid (pas uniquement impression ce jour-là).

Si l’eau est source de vie, rivières et cours d’eau sont également des sources inépuisables d’images, ne serait-ce qu’en jouant avec le temps de pause.

Dans les deux images ci-dessus, la neige qui couvre les rochers vient renforcer le contraste et rendre la rivière plus visible. Sans cela, le fond de l’eau se serait partiellement confondu avec la roche aux teintes similaires. Un temps légèrement voilé ou une situation ombragée facilite ce type d’images pour lesquelles les différences en hautes et basse lumière peuvent rapidement mettre à mal le boîtier.

La glace domine et seul son relief suggère la présence de la rivière. L’occasion de prendre des clichés riches en texture, pour autant que la luminosité ambiante ne soit pas trop violente.

La neige pour elle-même

Si la photographie des flocons de neige en gros plan est un sujet fascinant, il sera peut-être abordé une autre fois. Là, il s’agit davantage de photographier la neige pour sa texture, toute douce ou brossée, selon sa fraîcheur, le vent…

Contrôlez bien la mise au point, si vous travaillez en autofocus votre appareil risque d’avoir des difficultés à effectuer la mise au point. Viser un endroit contrasté, puis recomposer votre cadrage.

La pluie ne fait pas la joie des skieurs et snowboardeurs. Par contre, sur la neige, elle crée des ravines et autres sillons qui peuvent s’avérer du plus bel effet. Pour bien les faire ressortir, une lumière latérale est préférable. Les creux seront alors plongés dans l’ombre et parfaitement identifiables.

Quand vous avancez dans le paysage enneigé et qu’un sujet intéressant se présente à vous, réfléchissez à votre cadrage avant de bouger. Il serrait en effet dommage que vos traces de pas viennent marquer le sol à un endroit inopportun.

La neige soufflée, légèrement fondue, puis glacée devient très texturée.

Prendre soin de vous

L’habillement adapté, c’est une des clés d’une belle image. En sortant dans la neige, vous allez nécessairement être confrontés au froid. Passer du temps à faire du surplace pour obtenir le meilleur cadrage, peaufiner les détails… va rapidement devenir un calvaire si vous n’êtes pas suffisamment isolé de l’extérieur. L’inconfort peut même être source de complication si vous insistez.

Prenez avec vous un peu plus que nécessaire. En effet, avec la nuit qui tombe rapidement en hiver, vous risquez de rentrer après le coucher du soleil. Des couches supplémentaires et une lampe frontale deviendront alors probablement utiles pour parer à la chute nocturne des températures.

Les gants peuvent entraver votre souplesse pour prendre des images. Pour cela, il existe plusieurs possibilités :

  • Configurer son matériel photo de manière à limiter les réglages à effectuer ;
  • Des gants avec pouce et index amovibles, voir avec tous les doigts ;
  • Des gants avec deux couches (moufle épaisse et doigts plus fins) ;
  • Des gants sectionnés aux extrémités.

Le choix dépend naturellement de vos habitudes et de la température extérieure.

Sortez accompagné ou avertissez quelqu’un de l’endroit où vous vous rendez. Cela peut vous sauver la vie en cas de problème. Il est aisé de perdre ses repères dans le brouillard et la neige.

Prendre soin de votre matériel

Les batteries n’aiment pas le froid. Elles vont se décharger plus vite que d’habitude. Avant de partir, assurez-vous qu’elles soient correctement chargées et en nombre suffisant. En cas de séjour prolongé dans le froid, garder si possible les batteries au chaud (dans la poche intérieure de votre veste, par exemple).

Méfiez-vous de la condensation, en particulier en cas de changement d’objectif. En effet, par basse température, votre expiration va se transformer en buée. Si cela se produit trop près de votre optique ou de votre viseur, il vous faudra patienter pour pouvoir les utiliser à nouveau.

Le retour dans un environnement chaud va également provoquer de la condensation sur votre matériel froid. Pour prévenir ce phénomène, il est préférable de le laisser se réchauffer progressivement, par exemple en le laissant dans le sac photo jusqu’à ce qu’il arrive à température ambiante.

Par temps froid et, surtout, humide, remettre le capuchon d’objectif est une bonne idée. Cela évitera qu’une pellicule de givre s’y forme.

Pour éviter les reflets indésirables, un pare-soleil s’avère utile et un filtre polarisant peut également jouer son rôle en réduisant certains reflets.

Une housse de protection pour le boîtier et l’objectif peut s’avérer utile, c’est particulièrement vrai lors de précipitations. Cela protège également le matériel par grand froid.


Toutes les images de cet article sont de Frédéric Grimaître.


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